Médecine de précision des cancers de l’ovaire

Enjeux et recherches actuelles

Les cancers de l’ovaire représentent, en France, la première cause de décès par cancer gynécologique. Malgré les progrès thérapeutiques, leur prise en charge reste un défi majeur, notamment en raison du développement de résistance aux traitements ainsi que par un risque important de rechute.

Face à ces enjeux, plusieurs priorités émergent :

  • mieux comprendre les mécanismes de résistance aux traitements
  • améliorer la détection précoce des rechutes
  • développer de nouvelles thérapies efficaces, notamment contre les tumeurs chimiorésistantes

Aujourd’hui, la communauté scientifique converge vers un changement de paradigme : passer d’une approche globale à une médecine personnalisée, fondée sur les caractéristiques moléculaires propres à chaque tumeur. Cette évolution repose sur le renforcement de la recherche translationnelle, à l’interface entre recherche fondamentale et pratique clinique, afin d’identifier les paramètres permettant de prédire la réponse aux traitements des patientes.

Un programme de recherche en médecine de précision

Dans ce contexte, notre programme de recherche vise à améliorer la prise en charge des cancers de l’ovaire en développant :

  • de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées
  • des outils d’aide à la décision thérapeutique permettant d’adapter les traitements à chaque patiente

Ces travaux s’appuient sur :

  • Une collection biologique annotée (plus de 1000 patientes)
  • Des modèles expérimentaux innovants (dont les modèles d’organoïdes tumoraux)
  • Les plateformes technologiques et méthodologiques de pointe de l’Unité de Services (US) PLATON (https://www.unicaen.fr/laboratoire/us-plateforme-de-soutien-aux-activites-de-recherche-preclinique-et-translationnelle-en-oncologie-platon/)

Forte d’une expertise reconnue dans les cancers de l’ovaire, notre équipe étend également ses recherches à d’autres cancers féminins (sein, endomètre) et des voies aéro-digestives supérieures. Notre équipe s’inscrit dans plusieurs réseaux structurants régionaux et nationaux en cancérologie : projet d’établissement de l’Université de Caen Normandie au sein du Pôle Structurant Biologie Intégrative, Santé, Environnement incluant la cancérologie, Projet Médico-Scientifique du Centre de Lutte Contre le Cancer François Baclesse, axe 1 du Cancéropôle Nord-Ouest « Médecine de précision des tumeurs solides » et dans deux des trois axes de la Structure Fédérative 4207 Normandie Oncologie (« Innovations thérapeutiques », et « Médecine de précision et dépistage »), Réseau Thématique Inserm/CNRS « Organoïdes ».

Innovations thérapeutiques

L’un de nos objectifs majeurs est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et de développer des approches innovantes pour éliminer plus efficacement les cellules tumorales.

Parmi les stratégies explorées figurent :

La restauration de la mort cellulaire programmée

Certaines cellules cancéreuses échappent à l’apoptose (mort cellulaire). Nos travaux visent à rétablir ce mécanisme en ciblant des protéines clés, notamment MCL-1, grâce à des technologies innovantes comme les PROTAC, qui induisent la dégradation ciblée de protéines.

Moduler la réparation de l’ADN et l’immunité tumorale

Nous étudions des approches permettant :

  • de perturber les mécanismes de réparation de l’ADN des cellules tumorales
  • de renforcer leur reconnaissance par le système immunitaire

Cela inclut l’utilisation d’inhibiteurs de nouvelles cibles comme UBE2N ou encore d’agonistes de STING, particulièrement prometteurs dans certains contextes biologiques.

Développer des systèmes de ciblage thérapeutique

Nous concevons des outils permettant d’acheminer précisément les traitements vers les cellules tumorales :

  • Molécules conjuguées à des anticorps (ADC) 
  • Radioligands « théranostiques » combinant diagnostic et traitement
  • Approches de radiothérapie interne vectorisée

Outils d’aide à la décision thérapeutique

Adapter le traitement à chaque patiente nécessite de pouvoir prédire la réponse des tumeurs aux traitements.

Identification de biomarqueurs

Nous recherchons des signatures moléculaires (transcriptomiques et protéiques) au sein des tumeurs permettant de prédire la réponse aux traitements. Un axe important concerne également les biomarqueurs circulants, comme les microARNs (miARNs) détectables dans le sang et capables de prédire la réponse aux traitements ou de suivre l’évolution de la maladie. Ces recherches s’inscrivent dans des essais cliniques multicentriques, à l’échelle nationale et internationale.

Développement de tests fonctionnels personnalisés

Nous développons des tests ex vivo sur des organoïdes dérivés de tumeurs de patientes, consistant à exposer ces modèles à différents traitements (médicaments, radiothérapie) afin d’évaluer leur efficacité à l’aide par exemple de tests biochimiques évaluant leur viabilité, de tests clonogéniques ou du test RECAP (évaluation de leurs capacités de réparation de l’ADN).

Un enjeu clé est la miniaturisation et la rapidité de ces tests, afin de les intégrer dans la pratique clinique, notamment en situation de récidive.

Des ressources biologiques et technologiques d’exception

Ces travaux reposent sur des modèles expérimentaux de haute valeur :

  • Organoïdes dérivés de tumeurs
  • Xénogreffes dérivées de patientes (PDX)
  • Modèles 2D et 3D de résistance aux traitements
  • Modèles sur membrane chorio-allantoïdienne (CAM)

Valorisation et impact

Ces recherches ont déjà conduit :

  • À plusieurs essais cliniques multicentriques
  • Au dépôt de six brevets internationaux
  • À l’établissement de nombreuses collaborations nationales et internationales

Elles sont accompagnées dans leur valorisation par Normandie Valorisation, avec pour objectif un transfert rapide vers la pratique clinique.

En résumé

Les travaux de notre équipe de recherche s’inscrivent pleinement dans une dynamique de médecine de précision, visant à proposer à chaque patiente le traitement le plus adapté à sa tumeur. En combinant innovations thérapeutiques, biomarqueurs et tests fonctionnels, il contribue à transformer la prise en charge des cancers de l’ovaire et, à terme, à améliorer significativement le pronostic des patientes.

Membres du groupe

  • POULAIN Laurent (DR CRLCC, co-responsable de thème)
  • DENOYELLE Christophe (PU, co-responsable du thème)
  • ABEILARD Edwige (ITA)
  • ALEIXANDRE Flavie (Doctorante)
  • BESSER-OFFROY Elie (PU)
  • BLANC-FOURNIER Cécile (PH)
  • BOUARAB Caroline (Doctorante)
  • BRIAND Mélanie (ITA)
  • BURTON Sarah (ITA)
  • CIAPPUCINI Renaud (PH)
  • CURCIO Hubert (Doctorant)
  • DELAITRE Sarah (Adm)
  • DE LUCA-HENNY Kévin (Doctorant)
  • DE LANGHE Sophie (ITA)
  • DOLIVET Enora (PH)
  • DIVOUX Jodane (CR CRLCC)
  • FAUVET Raffaëlle (PU-PH)
  • IBAZIZENE Léonie (Doctorante)
  • ICARD Phillipe (PU-PH)
  • LAMIRAULT Charlotte (ITA)
  • LAPLANCHE Alexia (ITA)
  • LE GOFF Jérémie (ITA)
  • LOHARD Steven (MCU)
  • MARDE ALAGAMA Chloé (Doctorante)
  • MABIALA Kristel (ITA)
  • MERYET-FIGUIERE Matthieu (CR CRLCC)
  • MIGNOT Florence (ITA)
  • N’DIAYE Monique (MCU)
  • PERICHAUD Chloé (Doctorante)
  • PERREARD Marion (PH)
  • PETIGNY Cécile (ITA)
  • PITHON Antoine (Doctorant)
  • PLANCOULAINE Benoît (MCU)
  • RICHARD Jade (Doctorante)
  • SHTRKOVSKA Matea (Doctorante)
  • VERNON-CONTENTIN Mégane (ITA)
  • VILLEDIEU Marie (PU)
  • WEISWALD Louis-Bastien (CR CRLCC)